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Chana Tova :)

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Chabbat Berechit 5773

Découvrez la vidéo du Rav Haim Rozenberg sur la Parachat Berechit :

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Parachat Kora’h


Parachat Kora’h

Une alliance de sel

A la fin de la paracha Kora’h, la Torah énumère les différentes offrandesaccordées à la tribu des Cohanim, qui s’élèvent au nombre de vingt-quatre.

Parmi les sacrifices appelés « Kodech haKodachim », la tribu des Cohanim se voit ainsi attribuer une part sur les bêtes approchées : « Toutes les offrandes dont on Me fera hommage (…) appartiendront à toi [Aharon] et à tes fils » (Bamidbar 18, 9). 


Dans ces versets, on voit aussi que des dîmes systématiques sont offertes aux Cohanim : « Tout le meilleur de l’huile, tout le meilleur du vin et du blé, les prémices qu’ils offrent à l’Eternel, Je te les donne » (verset 12).

La Torah évoque ensuite les offrandes des Bikourim [les prémices] et du ‘Hérem [consécrations par vœu], les premiers-nés des bêtes ou encore la dîme prélevée par la tribu des Léviim. En définitive, précise la Torah, toutes ces offrandes sont le résultat d’une alliance conclue entre D.ieu et les Cohanim : « C’est une alliance de sel, immuable devant l’Eternel, à ton profit et au profit de ta postérité » (verset 19). Le sel étant un aliment inaltérable, il constitue le symbole de cette alliance éternelle entre D.ieu et les Cohanim, qui ne perdront jamais leurs prérogatives au sein du peuple juif. A ce sujet, nos Sages s’expriment en des termes très précis : « Grande est l’alliance conclue avec Aharon plus que celle conclue avec David. Car Aharon a reçu ce mérite pour ses descendants qu’ils soient justes ou fauteurs (…) pour les hommes autant que pour les femmes ». En revanche, la promesse faite à David que sa descendance conservera à jamais le trône dépend de sa fidélité à D.ieu, et n’est valable que pour les hommes et non pour les femmes (Sifri).

A qui donne-t-on ?

Or il convient de comprendre la signification de celle alliance. Et surtout, pourquoi survient-elle précisément à cet endroit de la Torah, à la suite immédiate de la rébellion initiée par Kora’h ?
Le Sifté Cohen remarque que tout au long de l’énoncé des dons offerts à la tribu des Cohanim, une expression revient systématiquement : « C’est à toi que Je les ai donnés (…) Je te les attribue (…) Je te les offre ». La Torah ne se contente pas d’énumérer la liste des biens que les enfants d’Israël sont tenus offrir au Cohen : elle laisse entendre que c’est D.ieu Lui-même Qui les leur offre. Ce qui signifie que, contrairement à ce qu’on pourrait croire, ces différentes dîmes ne sont pas de quelconques « cotisations » offertes par le contribuable à la tribu des prêtres. Bien au contraire : le Juif offre ses présents à D.ieu, et c’est D.ieu ensuite Qui redistribue ces biens aux Cohanim. Lorsque l’on offre un présent au Cohen, on ne fait en vérité preuve d’aucune « générosité » à son égard, on se contente d’accomplir notre devoir par rapport à D.ieu. Car, en effet, tous ces différents dons n’ont rien de « mitsvot ben adam la’havéro » – des bonnes actions accomplies à l’égard de notre prochain. Et par ailleurs, si le Cohen en bénéficie, c’est uniquement parce que D.ieu Lui-même lui cède ces offrandes.

Garder les justes proportions

Après que Kora’h et ses comparses aient remis en doute le statut d’Aharon, le peuple juif se trouva dans une situation ambiguë. Certes, on avait établi depuis le Ciel toutes les preuves nécessaires pour montrer qu’Aharon avait été désigné par D.ieu pour exercer le service sacerdotal. Néanmoins, cette situation ne fut pas sans susciter une gêne tout à fait légitime : n’était-ce pas après tout par sa faute que l’assemblée de Kora’h a été engloutie par la terre ? De fait, même après la mort de Kora’h, le calme n’était encore guère rétabli au sein du peuple. Les enfants d’Israël, loin d’être apaisés par la punition violente qui avait frappé les rebelles, reprirent leurs plaintes contre Moché et Aharon en disant : « C’est vous qui avez tué le peuple de l’Eternel ».
Voilà pourquoi il était plus que jamais nécessaire de remettre les pendules à l’heure. Les enfants d’Israël devaient accepter la supériorité des Cohanim comme une décision immuable de D.ieu, qui ne devrait dorénavant jamais être remise en question. Voilà pourquoi D.ieu décréta à ce moment précis une « alliance de sel » avec Aharon, c’est-à-dire une alliance qui ne serait soumise à aucune condition, et qui ne pourrait jamais être contestée. Or quel était le message de cette alliance ? Que les Cohanim n’ont aucun compte à rendre au peuple, car depuis lors, ils sont devenus les « délégués de D.ieu ». En d’autres termes, les Cohanim ne s’élèvent pas au-dessus des enfants d’Israël pour les représenter devant D.ieu, mais au contraire, c’est l’inverse qui est vrai : les Cohanim appartiennent à D.ieu, c’est de Sa main qu’ils se nourrissent. En quelque sorte, leur rôle est au contraire de représenter D.ieu auprès du peuple juif !

Voilà pourquoi la Torah, à l’endroit où elle énumère toutes les offrandes des Cohanim, insiste sur le fait que c’est « D.ieu qui les leur donne », car comme il est dit, ils ne reçoivent rien des enfants d’Israël et ces derniers, par leurs offrandes, ne font en vérité qu’accomplir leur devoir par rapport à D.ieu. Ceci eut à jamais l’effet d’effacer tout sentiment de gêne chez les Cohanim, étant donné que les dons des enfants d’Israël n’ont rien d’une quelconque forme de charité.

 Par Yonathan Bendennnoune
http://www.chiourim.com

 

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Parachat Terouma

Parachat Térouma

« Ils feront une arche[1] »

La spécificité unique de chacun dans l’étude de la Thora

La paracha de Térouma traite des instructions concernant la construction du sanctuaire du désert, le Michkan, que l’on pourrait traduire par « la Résidence ».

Un examen même superficiel du texte[2] de ces instructions fait apparaître une étrange particularité ; d’une manière générale, le texte est formulé à la deuxième personne du singulier : « tu feras » ; « tu feras un propitiatoire en or… », « tu feras une table en bois de chittim… », « tu feras un chandelier d’or… », « tu feras l’autel… » ; et non seulement pour les objets et le « mobilier », mais même pour la construction : « tu feras les solives… », « et tu feras des traverses… », « et tu feras un tenture… », « et tu feras le parvis… »

Mais il est un cas – la toute première des instructions, d’ailleurs – qui fait exception ; à propos de l’arche,la Thora parle au pluriel : « vous ferez une arche en bois de chittim… »

Quel est la signification de cette différence ?

Le midrach enseigne (Chemot Rabba xxxiv, 2) : « pourquoi, pour tous ces objets, il est écrit “tu feras” et pour l’arche “vous ferez” ? Rabbi Yéhouda b. rabbi Chalom a dit : Hachem a dit qu’ils viennent tous s’occuper de l’arche afin qu’ils obtiennent tousla Thora. LaThora dit : tous viendront s’occuper de l’arche, afin que chacun ait sa part dansla Thora. »

Rabbi Efraïm de Lonschitz, l’auteur du commentaire Kéli Yaqar, explique (Chemot xxv, 10) que d’après le verset des Proverbes[3] « Elle (la Thora) est l’Arbre de Vie pour ceux qui s’y maintiennent » que le dépôt des Tables de la loi dans une arche en bois contient une allusion aux hommes qui soutiennent ceux qui étudientla Thora, cette générosité leur étant comptée comme s’ils avaient eux-mêmes appris, et ils ont leur part de cette Thora bien qu’ils ne l’aient pas étudiée en fait. C’est pourquoi il est dit, à propos de l’autel : « ils feront » car tous peuvent être associés dans l’entreprise dela Thora.

On peut dire que par sa contribution financière, le donateur exprime l’importance que l’étude de la Thorarevêt à ses yeux, et il édifie ainsi dans sa propre personnalité la centralité de l’étude de la Thoradans la vie, devenant réellement associé – à la manière d’Issakhar et de Zévouloun[4] – de l’étude dela Thora au sein du peuple.

Toutefois, du point de vue du sens littéral du midrach, le pluriel de « ils feront une arche » s’explique du fait que chacun a sa propre part dansla Thora, même s’il ne s’adonne pas à plein temps à l’étude et ne peut y consacrer que quelques heures. Plus encore, il est dit qu’« Israël etla Thorane font qu’un », carla Thoraest la description de notre âme et lorsque nous étudions, se dévoile l’intimité profonde de notre personnalité enfouie dans notre âme, parce que la racine de notre âme est aussi la racine dela Thora.

Rabbi Mochè Hayyim Luzzatto a eu à ce sujet des formules tout à fait extraordinaires, disant qu’il s’agit là d’un grand « secret », qui exige de chacun de nous une responsabilité dans l’étude (Adir Bamarom, page 71) : « car voici, chacun prend certainement sa part dansla Thora, et il s’ensuit que le Sinaï n’est pas achevé tant que tous ne sont pas venus au monde et a révélé sa part ; par conséquent, lorsque quelqu’un est venu au monde et ne s’est pas efforcé d’étudierla Thorade sorte à en dévoiler la part qui était sienne,la Thorareste inachevée ! »

La manifestation de la Thoradans le monde grâce au peuple d’Israël ne peut pas se dévoiler concrètement tant que chacun d’entre nous n’étudie pas et renouvelle ainsi sa part de la Thora, ainsi que nous l’enseigne le Chantre des Psaumes : « son désir va à la Thora de Dieu, mais c’est dans la Thora qui est sienne qu’il œuvre de jour comme de nuit ! » Elle commence par être Thora de Dieu, mais au fur et à mesure qu’il l’étudie, elle devient sa Thora à lui.

Et nous voyons bien que chacun possède sa propre tendance dans l’étude dela Thora. Etil faut prendre garde à ne pas la nier pour toutes sortes de raisons secondes et circonstancielles.

Je ne peux terminer cette réflexion sur la paracha sans citer les enseignements du Grand Rav Kook et de mon grand-père, que leur souvenir nous soit bénédiction : « or, chacun qui étudie la Thorafait passer de la puissance à l’acte la réalité de sa sagesse en relation avec sa propre identité personnelle ; il est bien évident que la lumière renouvelée produite par le lien entre la Thoraet telle identité particulière ne ressemble en rien à celle produite par son lien avec une autre. Et par conséquent, chacun, par son étude, participe à l’accroissement de la Thora. » (Orot HaThora, ii, 1) Et nous savons effectivement que, « de même que leurs visages sont différents, leurs manières de connaître sont aussi différentes ». Et il y a lieu d’ajouter : « ainsi, la manifestation dela Thora en chacun d’entre nous est spécifique à la personnalité unique de chacun. »

« Chaque âme possède donc une fonction particulière et il nous est interdit d’imposer nos propres pensées à autrui… Il est bien que chacun approfondisse, scrute et comprenne, en fonction de sa propre intelligence et sa propre compréhension, et la multiplicité des facettes fera que chaque personne d’Israël contribuera au trésor de l’esprit du peuple de la manière la plus féconde. » (rav Moshè Botschko, Hegyoné Moshè surla Thora, paracha de Yithro)

Chabbat Chalom

    Nahum Botschko

Traduit par Rav E. Simsovic

 


[1] L’« arche sainte » destinée à contenir les Tables dela Loi.,

[2] Chapitres 25, 26 et 27.

[3] iii, 18.

[4] Deux tribus frères, la première vouée à l’étude et la seconde au commerce maritime international ; celle-ci fait bénéficier celle-là de ses richesses matérielles, et celle-là, en retour, fait bénéficier celle-ci de ses richesses spirituelles.

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Parachat Michpatim

Parachat MichpatimParachat Michpatim

Rigueur et miséricorde

La Guemara enseigne: « Celui qui veut acquérir la sagesse doit étudier les lois des dommages ». En effet, les passages talmudiques sur ce sujet y sont très riches en nuances, et sont basés sur la logique la plus rigoureuse.

Et, pourtant, certaines lois sont déconcertantes.

A propos des dommages causés par un feu que l’on a oublié d’éteindre, nos Sages nous enseignent à partir du verset de notre Paracha[1]: « Quiconque a allumé le feu paiera la motte de foin », que celui-ci ne paiera que la motte de foin. Et que, si des objets précieux y étaient cachés, il ne devra pas les payer.

Comment se fait-il que l’incendiaire ne soit pas tenu de payer ces objets précieux, bien qu’il ait causé directement leur destruction par le feu qu’il a allumé? Le propriétaire n’avait-il pas le droit de poser ses objets où il le désirait?

On enseigne par ailleurs1: «  Si un homme a creusé un puits et qu’un animal vient à y tomber et à s’y blesser, celui qui a creusé le puits devra dédommager le propriétaire de l’animal ». Et la Guemara ajoute: « Il ne devra payer que le dommage causé à l’animal, et non les objets qui se trouvaient sur l’animal et qui se seraient cassés au moment où la bête est tombée ».

C’est pourtant la même cause qui a provoqué les dommahges causés à l’animal et aux objets. Pourquoi le propriétaire ne paye-t-il que le dommage causé à l’animal?

On enseigne encore dans le traité Baba Kama: « Il existe une différence entre deux cas, le premier, lorsqu’une bête, entrée dans le champ du voisin, cause un dommage en écrasant avec ses pieds des objets s’y trouvant; le deuxième, lorsque ce même dommage est causé par des pierres que la bête projette. Le propriétaire doit payer, dans le premier cas, la totalité du dommage; dans le second, la moitié du dommage ». Ici aussi, la responsabilité du propriétaire qui a mal gardé sa bête est la même, que la bête ait cassé l’objet en l’écrasant ou en projetant une pierre sur cet objet. A ce propos la Guemara, elle-même, s’interroge[2]: « Logiquement on ne doit pas faire de différence entre un coup donné directement par la bête et un coup provoqué par son énergie en l’occurrence, le caillou lancé par elle. Néanmoins, si en vérité la différence existe, c’est de la Halakhah Lémoché Misinaï, une loi que D-ieu a donnée à Moché au Sinaï », en d’autres termes, une loi qui n’aurait pas sa source dans la logique juridique, mais aurait une origine religieuse qu’on ne peut comprendre d’un premier abord.

*   *

            Ceci nous amène à penser que toutes les lois qui concernent les relations entre les hommes, les lois du Hochène Michpath, ne sont pas seulement l’oeuvre de la logique humaine. C’est peut-être d’ailleurs ce qu’exprime le premier verset de la Paracha de Michpatim: « Et voici les commandements que vous mettrez devant eux ». Rachi explique les termes « devant eux » et dit: « C’est pour nous enseigner que, lorsqu’on a un procès avec un autre Juif, il ne faut aller que devant eux, c’est-à-dire devant des juges juifs, et non devant des juges non-juifs, même si nous savons que, sur cette question particulière, ils jugent de la même manière ».

Mais peut-être peut-on expliquer ce verset différemment: le début de la Sidra parle des « Michpatim« , des lois qui concernent les hommes, et à ce propos la Thora nous met en garde en ces termes: « Ne crois pas que ces lois que je te donne ici sont différentes de celles qui, telle la Cacherouth, ne peuvent être que d’origine divine. Ne crois pas qu’elles sont d’origine purement humaine et qu’elles pourraient donc s’appliquer aussi bien aux Juifs qu’aux non-Juifs. « Non », nous dit la Thora: « Que tu mettras devant eux », signifie que toutes ces lois ces Michpatim ne peuvent être comprises que par les enfants d’Israël, qui savent qu’il y a une « réflexion » au-delà de leur réflexion, et qui acceptent donc que, pour régir les lois des hommes, on doive se référer à une loi d’origine divine.

Et c’est aussi ce qu’exprime le premier commentaire de Rachi de la péricope: « Veélé

Hamichpatim », et voici les commandements. Rachi commente: « Tout comme les dix Commandements ont été donnés au Sinaï, ainsi, ces commandements-là ont été donnés au Sinaï ».

 *   *

            Il me semble que par ces lois particulières, la Thora enseigne que les rapports entre les hommes ne sont pas régis selon des critères sur la rigueur et de la logique uniquement: si quelqu’un a causé un dommage, que cela soit fait directement par son corps, que cela soit fait par l’intermédiaire d’un objet, que cela ait été le fait d’un obstacle qu’il a placé sur une route, d’un feu qu’il a mal surveillé, la logique nous dit: il  est responsable de tous les dommages que sa mauvaise conduite aurait entraînés. Sa responsabilité est entière. La  Thora nous apprend que les rapports entre les hommes ne doivent pas être dictés uniquement par la rigueur et la logique, puisqu’il faut y ajouter la miséricorde. L’homme étant faible, on ne peut lui imputer tout ce qu’il a causé. Aussi, la Thora a-t-elle édicté le principe suivant: plus le dommage est en relation indirecte avec le responsable – non que sa responsabilité sur le plan de l’erreur qu’il a faite soit moins grande – plus alors on imputera le dommage qui a été causé au malheur, au hasard, qui vient du ciel, où la responsabilité de l’homme est alors moindre.

Et c’est ce qui fait que nous voyons dans la Halakhah: « Adam Mouad Leolam », l’homme est toujours responsable. S’il a fait un dommage par son propre corps, qu’il ait fait en étant éveillé ou en dormant, il devra toujours réparer le dommage qu’il a causé. Mais s’il a fait le dommage par l’intermédiaire de sa propriété, d’un animal par exemple, sa responsabilité juridique doit être amoindrie (bien que, « logiquement », sa faute, sa « responsabilité », puisse être la même). Et si sa bête a fait un dommage par l’intermédiaire d’un objet, d’un caillou qu’elle aura projeté, on ne lui fera payer que la moitié du dommage.

De la même manière, s’il a creusé un puits, on ne lui fera payer que ce qui est susceptible d’être blessé par le fait du puits, à savoir des êtres qui se meuvent, et non ceux qui ont été amenés aux puits par les premiers.

De même, pour le feu, il ne paiera que les choses qui logiquement devaient être à l’emplacement où l’incendie s’est déclaré. D-ieu a donc limité la responsabilité juridique du dommage causé par le feu mal surveillé aux choses qui, par nature, devaient se trouver là, à l’exclusion du reste.

Il s’agit donc d’une intervention de la miséricorde dans la loi, dans les Michpatim.

C’est pourquoi nous disons que les Michpatim ont été donnés à Moché au Sinaï, pour le peuple juif, le peuple miséricordieux.

 *   *

Nous pouvons comprendre alors l’adage suivant de la Guemara: « Que celui qui veut devenir miséricordieux apprenne les lois des dommages ! ».

 Rav S.D.Botshko

 


[1] Exode 22

[2] Baba Kamma

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Parachat Yithro

« et toutes les paroles ont été dites au singulier »

La paracha de cette semaine contient l’un des passages les plus marquants de la Thora : les Dix commandements. Tous ont été formulés au singulier : « Je suis Hachem ton Dieu… », « tu n’auras pas… », « honore ton père et ta mère… », « tu ne tueras pas… », « tu ne commettras pas d’adultère… » Il y a là de quoi surprendre, d’autant plus que dans tous les passages précédents Hachem s’adresse à tout le peuple d’Israël par l’intermédiaire de Moïse et toujours au pluriel ! et en effet, c’est ainsi qu’il convient de faire lorsqu’on s’adresse à un public nombreux : on le fait au pluriel pour indiquer qu’on parle à l’ensemble des gens présents. Pourquoi donc les Dix commandements, quant à eux, ont-ils été formulés au singulier ?

Nahmanide explique (Chemot xx, 2) :

« et toutes les paroles ont toutes été dites au singulier… pour avertir que chaque personne serait individuellement sanctionnée pour ses transgressions, car Il parle avec chacun et c’est à chacun qu’il ordonne, afin qu’on ne croie pas qu’on va selon le majorité et que le particulier se sauverait avec elle. »

Jusqu’à présent, tous les événements concernaient le peuple d’Israël collectivement ; la sortie d’Égypte et le passage de la mer Rouge ont été des événements fondateurs pour le peuple d’Israël. Mais l’événement du Sinaï indique qu’il existe une relation pour ainsi dire personnelle entre Dieu et chacun des Hébreux en particulier ; chacun d’eux est ainsi personnellement responsable de ses actes.

Plus encore, affirme le Chem MiChmouel[1] (Yithro, année 5673, s.v. « Il semble ») :

« en ce que l’homme constitue un microcosme, les choses ayant portée universelle le touchent comme elles touchent le monde dans son ensemble… lorsque quelqu’un s’éveille à se débarrasser de toutes les nombreuses spéculations élaborées par les hommes et à sortir de l’obscurité de la souillure de ce monde et à s’attacher à la sainteté – c’est de la nature même de la sortie d’Égypte pour servir Hachem sur cette montagne-ci. »

Le processus historique qui traverse le monde en profondeur, le peuple d’Israël y compris, touche de même chaque personne individuellement. Quiconque exerce sur soi-même un certain effort et se débarrasse d’une mauvaise habitude, acquérant ainsi une nouvelle dimension d’être, a suivi de fait l’itinéraire allant de la sortie d’Égypte à la Révélation de la Thora et aboutissant à chacun de nous aujourd’hui. C’est ainsi d’ailleurs que le ressentent et le décrivent de nombreux repentis ayant fait retour à la Thora dont ils ont en quelque sorte reçue la révélation en particulier.

Citons, pour conclure, les propos de rabbi Haim ben Attar, le Or ha-Hayim ha-Qadoch, sur le verset 2 du chapitre 20 de Chemot, qui semble dire tout le contraire de ce que nous avons jusqu’ici énoncé, mais qui, à mon sens, complète harmonieusement le tableau :

« C’est pour cela que la Thora parle ici au singulier – ton Dieu – car la dimension des âmes saintes s’unifie et, à son niveau, la division qui règne dans ce monde éclaté n’a pas cours. »

En ce monde-ci, les hommes sont divisés, séparés les uns des autres. Mais en vérité, les âmes se situent dans une dimension d’unité telle que rien ne les sépare les unes des autres, bien qu’elles soient, en même temps, des âmes individuelles. Au moment de la Révélation, la dimension collective et les dimensions individuelles se sont unies. Tous se sont fondus dans la dimension collective et pourtant chacun a entendu la parole divine pour sa part et à son niveau propre.

Nahum Botschko

Traduit par Rav E. Simsovic


[1] Rabbi Samuel Borenstein de Sokhatchov, 1855-1926, petit-fils du Rabbi de Kotzk, son commentaire sur la Thora occupe une place de choix dans la littérature hassidique contemporaine.

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